27.06.2007
Petite remise en question...
Mes jolis-parents viennent de passer le w-end à la maison... et?.... ça s'est super bien passé! Pas eu besoin de sortir mes vannes, elles sont restées gentiment dans un tiroir obscur de mon cerveau... Tant mieux, les sortir n'est pas mon activité préférée.
Aujourd'hui, il pleut pour changer... et c'est un de ces matins ou je me dis que je devrais prendre ma vie en main! Finalement je ne sais même pas trop ce que ça veut dire... dans mon cas. C'est comme des centaines de formules toutes faites que je me répète, parce que c'est dans l'air du temps. Il FAUT prendre sa vie en main. C'est comme il FAUT réussir professionnellement, il FAUT concilier ça avec une vie de famille épanouissante, il y a un NOMBRE MINIMUM d'orgasmes à avoir (par semaine, mois, année...) pour ne pas se penser frustrée...
La vie moderne se veut libre, ouverte, tolérante, à l'écoute de chaque individu... Elle est plus que jamais normative, c'est comme si on n'avait pas le droit d'être heuireux si on ne rentre pas dans la case où on devrait être! Et il n'y a pas toujours de case, alors même avec la meilleure volonté du monde, quand ma rébellion se tait, et que je me dis que faire comme tout le monde peut être pas si mal certaines fois... Je continue à ne rentre nulle part!
MOI, mère au foyer: profession qui n'existe pas... Chaque papier administratif me fout en rogne... Je ne suis pas mère au foyer, je suis "sans emploi", "sans profession", "n'exerçant aucune activité" (ben bien sûr!) et dernièrement, je n'ai plus de numéro de sécu perso, j'ai une jolie carte vitale à mon nom, avec le n° de... mon mari! Heureusement que j'en ai un, j'ai intérêt à le garder précieusement... Sinon, je ne suis personne... Alors c'est ça notre destin, être considérées par la société comme des sans emploi... Pourtant, j'ai 2 boss bien plus exigeants que certains, des horaires qu'on n'oserait pas faire faire à un stagiaire... Et je zappe souvent la pause café!
Ah les étiquettes... certaines nous collent aux fesses comme de la glue!
Petit lexique de rappel des étiquettes qui m'ont collées après, ou me collent encore maintenant:
ETUDIANTE EN PSYCHO: nana forcément dégondée de la trappe, prenant les cours magistraux pour des thérapies collectives, et les strapontins des amphis pour des divans...
PSYCHO (tout court): matière facile pour mauvais élèves ne pouvant pas étudier de matières "nobles" (comprendre scientifiques)... la fac de psy d'ailleurs comprend des matières comme les maths, statistiques, anglais, informatique, neurobiologie, pharmacologie, pas de la simple branlette freudienne de comptoir, mais ça c'est une autre histoire...
FAC: là où vont tous les cancres qui n'ont pas pu faire une grande école, ou au pire un BTS...
90 à l'arrière de la voiture (et oui, je suis assez vieille pour avoir eu le permis avant qu'on ne passe aux A): jeune conne ayant piqué la bagnole des parents, ne sachant bien évidement pas conduire (les femmes de toute façon ne savent pas conduire c'est bien connu), va pas faire gaffe, va me rentrer dans ma merveilleuse BM neuve... au pire se trainera lamentablement et j'arriverai trop tard pour valider mon PMU! A DOUBLER ABSOLUMENT! (même et d'ailleurs surtout en ville).
CROYANTE: forcément coincée du derche... forcément contre la pilule, l'avortement, les homos, et forcément 18 gosses tous fringués chez Cyrillus!
STAGIAIRE: on peut tout lui demander, c'est sûr elle va la fermer, elle n'osera jamais se plaindre...
PROVINCE: coin paumé, ravitaillé par les corbeaux, et habité par des êtres inférieurs aux parisiens (souvent cette pensée est émise par des parisiens d'adoption, nés en province et on ne sait pas pourquoi trainent leur ville de naissance comme une grosse honte). Exemple de réponse sortie de la bouche d'un de mes témoins de mariage (né dans l'est et habitant Créteil) à une question innocente d'un autre convive: "Et toi auusi tu es de Nantes?" (comme mon mari) "Sûrement pas, je sui pas un cul-terreux moi, je suis de Paris!" Tous les nantais apprécieront!
Habiter la CAMPAGNE: "mais tu supportes de vivre chez les bouzeux?"
PRIMIPARE (mot affreux s'il en est): par définition, la primipare ne sait RIEN... il y a donc là une cliente idéale aux divers bourrages de crâne.
FEMME AU FOYER: feignasse
MERE AU FOYER: pauvre femme qui n'a pas eu de chance dans la vie... L'idée qu'on puisse l'être par choix n'effleurent même pas certaines personnes
BLONDE (naturelle, je précise): QI d'une moule de bouchot
FETARDE: alcoolo, tabagique, smokeuse de pets, junkie
AVOIR BEAUCOUP D'AMIS: forcément baiser avec TOUS les amis en question (si si, même les filles...) Idée véhiculée par ma grand-mère, paix à son äme comme on dit!
SERVIABLE: trop conne, se fait enfler...
N'ALLAITE PAS: mère dénaturée, égoïste, nombrilliste... a le culte du corps... n'aime pas assez son bébé... L'idée qu'il y ait des raisons médicales ou simplement une trouille terrible de ne pas réussir, suffir, avoir assez de lait, ou encore l'angoisse d'intoxiquer son môme avec toutes les saloperies de calmants qu'ils vous mettent dans les veines pendant 48 heures (en cas de césarienne), ne sont évidement que des prétextes pour mères méchantes. On est forcément une fille frivole et irresponsable... donc pas digne d'être mère!
BORDELIQUE: crado... réflexion d'une (ex)copine en arrivant chez moi (en travaux depuis le mois de septembre) "Jamais je ne pourrais vivre dans une porcherie pareille!" A y réflechir, je n'aurai jamais dû la laisser s'asseoir dans la porcherie pour prendre l'apéro et se goinfrer d'olives à la provençale et de tuiles au paprika! Ou j'aurai pu servir des epluchures de patates ou de carottes, bref ce qu'on mange tous les jours en bonne famille de cochons que nous sommes!
J'en passe, et pourtant y'en a des pires... mais, il me faudrait la semaine pour me les rappeler toutes ces étiquettes, qui sont peut-être bêtement induites par mon comportement de femme, mère banale! Je suis donc parfois envieuse des gens qui ont un vrai but (même si avoir une famille et s'en occuper est un but de vie plus qu'honorable, et même parfois un véritable défi), ceux qui plaquent tout pour partir en mission humanitaire en Afrique, ceux qui n'ont pas peur de changer de cap au milieu de leur vie... Comme cette femme, dont on m'a parlé plusieurs fois (etait-elle une vieille amie d'une tante, ou une voisine vivant dans notre rue? je ne sais plus...) Vers 45 ans, le dernier de ses enfants casé et parti de la maison, elle a entrepris de réaliser son rêve d'avant mariage: devenir médecin... Et elle a réussi. Elle n'a certainement pas pu exercer plus de 10 ou 15 ans, mais elle est devenue ce qu'elle avait toujours rêvé d'être!
En bref, j'admire les gens qui savent ce qu'ils veulent être ou faire et mettent tout en oeuvre pour le réaliser. D'autant plus que j'aurai aimé faire des tas de choses, et que je change d'idéal régulièrement, tout en sachant que ce ne sont que des rêves, et que la pluspart ne sont pas réalisables
-devenir championne de tennis, à 32 ans, c'est beaucoup trop tard, surtout quand on joue pas terrible
-traverser le pôle nord à pied, quand on est horriblement frileuse et qu'on aimerait pouvoir chauffer la maison à 24° en hiver
-grimper l'Everest quand on est déjà essouflée en rando dans les Pyrénées...
Mais sentir la foule derrière soi et vous porter vers la victoire, soulever un trophé sous les acclamations, admirer une mer de neige/glace où personne n'a posé le pied avant vous, admirer les couleurs du ciel quand le soleil fait semblant de se coucher... Et la vue qu'on doit avoir en haut de l'Everest doit être plus que fabuleuse... Le genre de truc où on doit se sentir la reine du monde (comme quoi pas besoin des bras de Léonardo)...
D'ailleurs, ma belle-mère a offert un bouquin à mon homme, le périple autour du monde d'un de ses anciens copains de primaire qui a sillonné une vingtaine de pays à vélo... Exemple de chose que je serai bien incapable de faire, je suis bien trop trouillarde, mais qui a dû me donner envie de changer un peu d'air... Si vous voulez rêver, vous pouvez aller voir son site, il y a de très belles photos... c'est un peu voyager par procuration... http://lemondeavelo.neuf.fr
En fait rêver d'évasion me suffit pour m'évader... et ... me faire me sentir bien chez moi, et bien dans ma vie... qui finalement, quand je la regarde de plus loin, avec des yeux moins focalisés sur mon quotidien, elle est quand même assez rythmée, riche en émotions, en rencontres, en amour aussi... Et quand je me retourne, je ne suis pas mécontente de mes 32 années écoulées...
11:30 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Médicale- info : il s'agit de la copine d'une ex-copine (m-françoise, tu sais, la maison d'en face -bien avant les trois soeurs...)
Et les étiquettes, super...bien vu ! J'ai bien ri...
Ecrit par : m-ch | 30.06.2007
Les commentaires sont fermés.